Photos et Motions

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Techniques de bases

Comprendre le mode ouverture



Comme lu dans le précédent article (si ce n’est pas le cas, je vous invite à aller le lire au plus vite, c’est un passage essentiel pour apprendre l’exposition en photo !) , le mode tout automatique est un frein à votre progression dans votre objectif d’apprendre la photographie.

« Mais alors, quel mode utiliser ? Et surtout comment savoir si nos réglages seront bons ou non ? »

Justement j’y viens, le but n’est pas de vous laisser seul dans le réglage de votre appareil, mais juste de vous donner un peu plus de liberté. Vous allez régler un paramètre, en l’occurrence le paramètre d’ouverture dans notre cas, et l’appareil va calculer tout seul la vitesse et le paramètre de sensibilité ISO nécessaire à l’obtention d’une image normalement exposée.

Commençons sans plus attendre par parler du fonctionnement du mode ouverture ! Vous pouvez d’ors et déjà passer votre appareil en mode ouverture, en tournant la molette des modes sur le « A » ou « Av » selon votre marque.

1 – Qu’est-ce que le mode ouverture ?


Le mode ouverture est un mode de fonctionnement de votre appareil photo qui fait parti de la catégorie « semi-automatique« , c’est à dire qu’il va vous proposer de choisir vous même quelques paramètres de votre appareil photo comme l’ouverture (naturellement…), le paramètre de sensibilité ISO, la balance des blancs, et d’autres paramètres que nous verrons une autre fois, ne mélangeons pas tout.

Les paramètres que vous ne pourrez pas choisir vous-même seront à la charge de votre appareil photo. Dans notre cas, la vitesse d’obturation et le paramètre de sensibilité ISO (on va d’ailleurs abréger ce dernier par les ISO simplement) si vous avez décidé de le laisser en automatique.

« Comment l’appareil fait-il pour choisir la vitesse et les ISO en fonction de mon choix d’ouverture ? »

C’est tout simple, l’appareil va mesurer l’intensité lumineuse de votre scène selon le mode de mesure choisi, il va regarder l’ouverture que vous avez défini et, grâce à un tableau de référence dans son ordinateur, va définir la vitesse d’obturation en fonction de votre objectif (le but de votre appareil est de choisir une vitesse suffisante pour convenir à votre objectif, on verra cela en détail un peu plus en-dessous). Si la vitesse qu’il a besoin est trop rapide pour garantir une exposition normale sur votre photo, il va augmenter les ISO si vous lui avez laisser la main dessus.

Dans le cas où vous avez choisi manuellement les ISO, l’appareil va choisir une vitesse lente, inférieure à la vitesse adéquate à votre objectif, pour vous donner une photo ni trop sombre, ni trop claire.

Le flou de bougé et comment l’éviter

La vitesse adéquate à votre objectif correspond à la vitesse minimum recommandé pour éviter un flou de bougé. Pour faire simple, quand vous photographiez vous avez forcément des petits mouvements, c’est normal (sauf bien sûr si vous êtes sur un trépied). Pour éviter que ces mouvements viennent générer du flou sur toute l’image, et donc gâcher l’image, on utilise une méthode simple mais efficace.

Il suffit simplement d’avoir une vitesse d’obturation de 1/focale. En clair, si vous utilisez un objectif de 50mm, vous ferez en sorte d’avoir une vitesse de 1/50s ou plus (1/100s, 1/2000s, etc).

Maintenant que tout est clair, vous vous dites sûrement :

« D’accord, en clair on peut choisir de régler quelques paramètres… Mais pourquoi ne pas laisser l’appareil choisir ? Si il fait une exposition normale, pourquoi ne pas le laisser faire ? »

Simplement car l’ouverture n’agit pas seulement sur l’exposition, mais aussi sur la profondeur de champ ! Et c’est parti pour le second point !

2 – La profondeur de champ


En photo, tout n’est pas net en toute circonstance. Nous allons avoir une « zone de netteté » qui définit ce qui sera net ou non sur l’image. Cette zone est définit par deux points qui s’écartent ou se rapprochent l’un de l’autre en fonction de l’ouverture. Cette délimitation n’est pas franche, j’entends par là que tout ce qui sort, même d’un millimètre, de cette zone sera pas obligatoirement flou, cela deviendra progressivement flou à mesure que l’objet s’éloignera de cette zone.

La mise en valeur de vos sujets

« A quoi cela me sert d’avoir une zone nette sur l’image ? Si je prends une photo, c’est pour que ce qui se trouve dessus soit net… »

Cela sert à mettre en valeur un sujet en particulier. Imaginez que vous preniez votre femme ou votre enfant en photo, derrière se trouve un horrible panneau. Vous avez deux possibilités, changer d’angle en vous tournant vers un autre endroit ou en focalisant l’attention sur le visage de votre sujet.

Imaginez maintenant que la première option, changer d’angle, ne soit pas possible, peu importe où vous vous tournez, il n’y a rien de beau autour de vous. Comment focaliser l’attention sur votre sujet et non sur l’arrière plan ? En ouvrant votre diaphragme !

Plus vous allez ouvrir votre diaphragme et plus cette zone de netteté sera courte, se traduisant, dans notre exemple, par le visage de votre cobaye net et le fond flou. Pour ouvrir votre diaphragme, vous allez prioriser une petite ouverture. Pour ce faire, vous allez tourner la molette crantée (généralement elle se trouve près du déclencheur, soit en-dessous, soit au-dessus. Certains appareils n’en ont pas, je vous invite alors à lire le manuel de votre appareil) jusqu’à obtenir un réglage « F/xx » à petit chiffre, par exemple « F/3.5« .

En prenant la photo vous devriez voir, là, que l’arrière plan est flou. La force de ce flou dépendra principalement de votre ouverture maximale, de la distance entre vous et le sujet et la distance du sujet par rapport à l’arrière plan.

Ce flou, présent dans le fond de vos images, s’appelle le Bokeh (terme japonais qui signifie « flou »)

A l’inverse, si vous choisissez une petite ouverture comme par exemple « F/22« , votre sujet sera net, mais l’arrière plan également.

Et je vais me répéter mais :

3 – L’ouverture parfaite n’existe pas !


« Et c’est reparti ! C’est quoi ton problème à toujours nous décevoir ? Tu nous présentes un truc génial et bam ! Tu nous dis que c’est pas si rose que ça !… »

Désolé, mais en photographie, il faut savoir que rien n’est immuable, il ne suffit pas de régler son appareil une fois pour que toutes nos photos soient parfaites. Et je vais vous montrer en images pourquoi !

mode-ouverture-photo-paysage
Une belle vue de Gerardmer, depuis la tour de Mérelle. 

Prenons une photo de paysage par exemple, je règle personnellement mon appareil à F/11 et je prends ma photo.

Le résultat obtenu est un beau paysage avec une zone de netteté large, me permettant d’inclure le plus d’éléments possibles dans mon image. Je me dis que c’est parfait, j’ai trouvé le bon réglage et donc je ne touche plus à mes paramètres de toute la journée.

Un peu plus tard, nouvelle balade. Je croise sur mon chemin une petite sculpture faite de pierres empilées les unes sur les autres. Je sors de nouveau mon appareil et je prends la photo suivante.

mode-ouverture-photo-petite-ouverture

Vous voyez clairement mon sujet ? Avouez qu’il n’est pas très détaché des autres cailloux environnant… Pourtant, juste en modifiant rapidement un petit paramètre de votre appareil photo, vous pourriez avoir une meilleure photo. Je vous montre comment ?

Notre objectif est de rendre le sujet plus présent que le fond, comprenez qu’il faut chercher à faire disparaitre le fond ou du moins le flouter (oui, ce mot n’existe pas, c’est copyrighté… Ce mot aussi !)

Nous allons donc ouvrir notre diaphragme, en choisissant, dans mon cas, une ouverture de F/2.8, l’ouverture maximale que me propose mon objectif.

Ouvrez votre diaphragme, la touche artistique

mode-ouverture-photo-pierre-grande-ouverture

Voyez vous la différence ? Mon sujet est tout de suite beaucoup plus présent, plus simple à deviner. Et pourtant cela ne m’a prit que cinq secondes.

Vous comprenez à présent pourquoi l’ouverture parfaite n’existe pas. Certaines photos nécessiteront une grande ouverture pour bien mettre en valeur votre sujet, comme le portrait par exemple. D’autres, comme le paysage, auront besoin d’une ouverture plus petite afin d’obtenir le plus de netteté sur l’image.

Et puis comme dit plus haut, la profondeur de champ ne dépend pas que de l’ouverture. La distance entre vous et votre sujet, la distance entre le sujet et le fond feront grandement varier le résultat obtenu.

C’est pourquoi il n’existe pas d’ouverture parfaite, tout dépend de votre sujet, de sa position par rapport à vous et à l’arrière plan.

4 – Les différents acteurs de la netteté


Voyons à présent, plus en détail, les différents acteurs qui vont faire varier la profondeur de champ. Nous avons vu l’ouverture, qui agit directement sur la zone de netteté quand vous la réglez. Je pense avoir été assez clair, néanmoins, un petit rappel ne fait pas de mal :

Ouverture (F/xx)
1.0    1.4    2.0    2.8    4.0    5.6    8.0    11.0    16.0    22.0    32.0
Zone de netteté réduite <——————————————————————————> Zone de netteté importante

Ici, je vous illustre que, plus le chiffre est petit, plus la zone de netteté l’est également. A l’inverse, plus le chiffre est grand et plus la zone grandit avec lui.

Voyons à présent les deux autres acteurs de la zone de netteté :

La distance sujet / appareil photo

La distance entre vous et l’appareil photo détermine aussi grandement l’intensité du flou d’arrière plan. Plus vous serez près de votre sujet, plus le bokeh sera important et doux à regarder. Vous aurez alors plus de mal à reconnaitre l’élément au fond de votre photo.

Distance (mètres)
1    2   3    4    5    10    20    30    40    50    100
Zone de netteté réduite <——————————————————————————> Zone de netteté importante

La chose à savoir, c’est que quand je dis « plus vous serez près de votre sujet« , cela ne veut pas forcément dire proche physiquement du sujet. Le fait de zoomer sur votre sujet aura le même effet. Mais, et nous verrons cela dans un autre article, le fait de bouger physiquement offre également la possibilité de varier les angles de vue, impossible à faire en zoomant simplement avec votre objectif.

Donc, si en s’approchant, on réduit la zone de netteté (moins d’éléments nets sur la photo), à l’inverse, s’en éloigner, ou dé-zoomer, augmente cette profondeur de champ. Ainsi, si avec un seul et même objectif vous prenez une photo de paysage et une photo de portrait, avec les mêmes réglages, vous n’aurez pas la même zone de netteté. Reprenez mes photos de la sculpture en pierre, celle avec ouverture à F/11 est certes nette sur une grande partie de l’image, mais en regardant bien les sapins au fond, on voit qu’ils ne sont pas aussi nets que les pierres au premier plan.

En comparant cette image avec celle du paysage, on remarque facilement que la profondeur de champ de cette dernière est infiniment plus grande que celle des pierres. Simplement car la distance sujet / appareil photo n’est pas la même.

La distance sujet / arrière plan

Cette partie va être plus courte puisqu’elle est plus simple à comprendre. Plus votre sujet est loin du fond, plus ce dernier sera flou. Rappelez-vous, la profondeur de champ est une zone délimitée par deux points qui s’écartent ou se rapprochent avec l’ouverture. Plus les éléments s’éloignent de cette zone, plus ils deviennent flous.

Distance (mètres)
1    2   3    4    5    10    20    30    40    50    100
Fond net <——————————————————————————> Fond flou

A partir de là, il n’est pas compliqué de comprendre que plus les éléments sont proches de cette zone, plus ils sont nets. Ainsi, si on pose cette zone sur le visage de votre sujet, lui même posé sur un mur, ce dernier sera bien plus près (et donc plus net) que si votre sujet était à 10 mètres de lui.

« D’accord, mais attends… Tu dis de poser la zone sur le visage… Mais on fait comment ? »

Et bien il faut faire la mise au pointle focus… cherchez pas je vais vous expliquer.

5 – La mise au point


Si avec le mode tout automatique, l’appareil décidait de tout pour vous, en mode semi-automatique c’est vous qui allez décider de certaines choses, dont la mise au point.

La mise au point, ou le focus, est simplement le fait de chercher à rendre un élément choisi net sur votre photo. On dit qu’on fait alors le point sur le sujet. Si vous utilisez un appareil photo reflex, vous avez sûrement déjà repéré dans votre viseur, des petits points qui clignotent rouge (ou vert) quand vous commencez à appuyer sur le déclencheur. C’est ce qu’on appelle des « collimateurs autofocus« .

Dans le temps, les photographes devaient regarder dans le viseur, et tourner une bague sur leurs objectifs pour faire en sorte que le sujet soit net, il fallait alors avoir le coup de mains et avoir de bons yeux (c’est pas faute d’avoir essayer ce genre d’appareil). Le résultat n’était pas forcément celui escompté et on loupait souvent la photo.

Aujourd’hui, tout les appareils récents possèdent ce que l’on appelle un « autofocus« , un petit système dans l’appareil qui permet de rendre net un élément voulu simplement en appuyant à mi-course sur le déclencheur.

Choisir où faire la mise au point

« C’est chouette ! Mais comment faire pour choisir son sujet à rendre net ? »

C’est là que les collimateurs entrent en jeu. Ces petits points dans votre viseur sont en quelque sorte des cibles, pour rendre votre sujet net, il suffit de mettre l’un d’eux sur votre sujet et d’appuyer à mi-course sur le déclencheur. L’appareil va alors, via les collimateurs, regarder si l’endroit ciblé est net ou non et ajuster la mise au point pour que ce dernier le devienne.

En mode tout automatique, l’appareil décidait lui-même du collimateur à choisir en fonction de la distance entre vous et les éléments sur la photo. L’élément le plus proche était alors désigné comme sujet.

En mode ouverture, vous pouvez lui laisser cet automatisme, ou décider de prendre la main dessus. Libre à vous de régler l’autofocus comme bon vous semble, pour ma part j’ai une préférence à choisir le collimateur central de mon appareil (généralement plus performant que les autres, plus précis). Mais les autres collimateurs ne sont pas à exclure et peuvent donner de très bons résultats.

En ce qui concerne le réglage, je vous invite à lire votre manuel, chaque appareil étant assez différent et les marques ayant chacunes leurs propres fonctionnement.

Conclusion


Vous avez donc vu comment fonctionnait le mode ouverture. Vous savez à présent pourquoi l’ouverture est importante en photo, autant pour son effet artistique (le bokeh) que pour son effet sur l’exposition (si vous ne savez pas de quoi je parle, allez lire cet article sur l’exposition, c’est un passage obligatoire pour apprendre la photo).

Dans un prochain article, nous parlerons des différents modes de mesure de la lumière. Vous découvrirez comment fait l’appareil photo pour calculer l’intensité lumineuse de votre scène.

Parlez-moi de vos tentatives de photos avec ce mode et n’hésitez pas à demander conseils si vous avez du mal à comprendre ou à appliquer certaines choses.

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